Le musée Adam Henein

Dans une maison de plusieurs étages, mais aussi dans le jardin verdoyant qui l’entoure, sont rassemblées les œuvres variées du sculpteur et peintre égyptien Adam Henein, réalisées depuis le début des années 50. L’effet de contraste est saisissant : là, au fond d’un chemin de terre dans la campagne fertile, à seulement quelques dizaines de kilomètres du Caire et de son bourdonnement incessant, surgissent les silhouettes graciles du monde créé par Adam Henein, pétri de poésie contemplative.

Portrait de l’artiste

Né en 1929 dans une famille de métallurgistes de la région d’Assiout, en Moyenne-Egypte, Adam Henein connaît une révélation artistique foudroyante quand il visite pour la première fois, à l’âge de huit ans, le Musée national du Caire. Il sera artiste. Sans surprise, donc, il monte au Caire pour faire les Beaux-arts, une dizaine d’années plus tard. Diplômé en 1953, c’est à Louxor, dans l’atelier créé par le peintre et diplomate Mohamed Naghi, que Henein se met à la pratique de son art. Baigné des paysages luxuriants et tranquilles de Haute Egypte, sur ces terres anciennement pharaoniques, Adam Henein renoue avec sa filiation antique, déclenchée par sa visite initiatrice au musée du Caire.

Tout au long des décennies suivantes, on retrouvera d’ailleurs dans son travail l’écho de thèmes ou de figures centrales dans l’art pharaonique (prière, maternité, animaux). Si ses sculptures d’animaux aux lignes claires invitent avec émotion à la rêverie, c’est parce qu’elles sont directement inspirées de longues journées d’observation au milieu des villages nubiens dans lesquels circulent librement chèvres, chevaux, chats et oiseaux, et où l’on imagine sans peine Henein errer, un carnet de croquis à la main.

 

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Adam Henein part ensuite continuer son apprentissage à Munich, puis s’installe longuement à Paris. C’est là, sans doute, pendant ces vingt-cinq années parisiennes, qu’il a glané les influences  de sculpteurs importants de son époque : le Suisse Giacometti, le Roumain Brancusi ou encore l’Italien Marino Marini. Henein n’a en revanche jamais appartenu à un courant particulier.

 

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Découverte des lieux

La visite du musée permet de prendre la mesure de la grande variété de ses œuvres : Adam Henein semble aussi à l’aise dans la sculpture avec le bronze, le granite, ou la pierre, que dans la peinture, la gravure ou le dessin.

Son œuvre la plus marquante est aussi la plus grande : Al Safina (le bateau) trône au centre du jardin. Cette felouque majestueuse qu’on croirait presque grandeur nature est composée de 64 blocs de granite originaires d’Assouan. Assemblées, et détachables, en un tableau qui n’est pas sans rappeler l’arche de Noé mais qui se veut en réalité une métaphore de l’espace du musée, les pièces de cette felouque, parfois en bronze, représentent en effet une foule d’animaux et quelques têtes à l’aspect humain.

 

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Al Safina

Adam Henein est sans conteste l’un des sculpteurs arabes les plus importants du XXe siècle. Ses œuvres ont notamment été exposées à l’Institut du Monde Arabe à Paris et au Metropolitan Museum de New York. Il est le directeur du symposium international de sculpture d’Assouan, dont il est également le fondateur, et continue de pratiquer son art dans l’atelier au fond du jardin du musée, où il réside.

 

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Comment s’y rendre

  • En voiture ou en taxi. Bien que l’itinéraire soit décrit avec précision sur le site, il ne faudra pas être surpris de devoir demander le chemin à plusieurs reprises. La visite du musée est gratuite.
© Photos de l'article : musée Adam Henein, sauf photo n°4 Al-Ahram

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